• La Belle au Bois Dormant

     

    La Belle au Bois dormant, dix-huitième long métrage de Disney, fut sans aucun doute l'un des plus long à produire (6 années de travail dûes aux nombreux défis techniques à relever) et surtout le plus onéreux (6 millions de dollars de frais de production).

     

    Fiche technique 

      Titre original : Sleeping Beauty

      Date de sortie : 1959

      Réalisation : Clyde Geronimi

      Scénario : Erdman Penner, Joe Rinaldi, Winston Hibler, Bill Peet, Ted Sears, Ralph Wright, Milt Banta, d'après le conte de Charles Perrault

      Musique : Ton Adair, George Bruns, arrangements sur musique de Tchaïkovski

      Montage : Roy M.Brewer Sr. Donald Halliday

      Décors : Ken Anderson, Don DaGradi

      Direction des animations : Milt Kahl, Frank Thomas, Marc Davis, Olivier Johnston, John Lounsbery 

    Résumé

         Il était une fois, au XIVème siècle, le roi Stéphane et sa reine eurent une petite fille qu'ils prénommèrent Aurore car elle illuminait déjà leurs vies. Lors de son baptème lui sont présentés son futur époux, le prince Philippe, et les trois bonnes fées, Pâquerette, Flora et Pimperonelle. Chacune d'elles fait un don au bébé : elle sera fort belle et possédera une jolie voix. Apparaît alors la fée des ténèbres, Maléfique. Vexée de ne pas avoir été conviée à la fête, elle jète un horrible sort sur la jeune princesse : à l'âge de ses 16 ans, elle se pîquera le doigt à la pointe d'une quenouille et en mourra. Pour conjurer le mauvais sort, une des fées explique qu'Aurore ne mourra pas et tombera dans un sommeil profond durant cent années. Elle sera alors réveillée par le baiser d'un prince charmant.   

         Pour tenter d'éviter la catastrophe, le roi Stéphane de faire brûler toutes les quenouilles du royaume. Estimant que cela ne suffirait pas, les fées se proposent de s'enfuir avec l'enfant et de l'élever jusqu'à ses 16 ans. Effectivement, seize printemps plus tard, Aurore a grandi et est devenue une jeune fille charmante. Pendant que ses tantes les fées lui préparent une surprise pour son anniversaire, elle part dans la forêt où elle discute avec ses amis les animaux. Elle leur révèle qu'elle a rencontré son prince charmant dans ses rêves et se met de nouveau à  rêver. Celui-ci, qui entend sa voix mélodieuse, vient à sa rencontre et c'est alors qu'ils tombent réellement amoureux l'un de l'autre. Pendant ce temps, les fées s'aident de leur magie et de leurs baguettes pour préparer la surprise. C'est alors qu'elles se font remarquer de Maléfique qui les reconnaît. Aurore revenant de promenade, elles lui annoncent sa véritable identité et son titre de princesse. Apprenant qu'elle doit épouser un prince, celle-ci se jette sur son lit en pleurant. 

         Après l'avoir accompagnée au château, elles décident de la laisser seule un instant. C'est le moment que choisit la terrible Maléfique pour l'attirer dans son piège. Aurore, comme hypnotisée, se pique à la pointe d'une quenouille et tombe dans un sommeil profond. Les fées l'allongent dans un lit et prennent une décision qui va leur éviter d'annoncer l'affreuse nouvelle à sa famille : elles vont plonger tout le royaume dans le sommeil jusqu'au réveil de leur princesse. Apprenant par le roi Hubert, père du prince Philippe, que celui-ci est le jeune homme dont Aurore est tombée amoureuse, elles retournent chez elles pour le rencontrer. Découvrant qu'il s'est fait enlever, elles partent à sa recherche dans le repaire de la fée des ténèbres. Après lui avoir expliqué la situation, elles le libèrent et l'aident à s'échapper. Maléfique, folle de rage, se transforme en dragon pour l'affronter. Le valeureux prince, pour l'amour de sa belle, parvient à lui transpercer le coeur avec son épée de vérité. Le Mal vaincu, il se rend aussitôt au chevet de la princesse et la réveille d'un premier baiser d'amour. Ils descendent alors dans la salle de bal où la cour et les rois les attendent. Ils se mettent alors à danser sous le regard ému des fées et de leurs parents.

     

    Secrets de production


    L'histoire

    La Belle au Bois Dormant est un conte écrit par Charles Perrault, célèbre auteur classique. Il parut au public pour la première fois en 1697 dans une oeuvre appelée Histoires ou contes du temps passé; ou encore Contes de ma mère l'Oye. Cependant, l'artiste n'a pas inventé l'histoire de ce célèbre écrit qu'est la Belle au bois dormant, puisqu'il s'est inspiré de récits populaires qui se transmettaient de bouches à oreilles. Les frères Grimm, autres fameux conteurs, écrirent en 1812 une autre version du texte, dans Contes pour les enfants et les parents : ils ajoutaient au récit la malédiction d'une fée maléfique et le sommeil de la princesse. Pour le dessin animé Disney, les scénaristes Ed Penner et Joe Rinaldi utilisèrent les deux versions. Ils innovèrent car contrairement aux deux contes, la rencontre entre le Prince Philippe et Aurore a lieu avant que celle-ci ne soit endormie. En 1952, ils imaginèrent un scénario présenté à Walt Disney qui le rejetta. Préoccupé par d'autres activités, il confia la production à Ken Peterson, Don Da Gradi et Ken Anderson qui ont donc mis en place, avec l'aide des scénaristes, l'histoire que l'on connaît.

    Les innovations techniques

    Il fallait inventer un univers géométrique. Il était donc nécessaire, pour le créer et le rendre davantage réaliste, d'utiliser nouveaux outils et méthodes : nouvelles tables à dessins posées les unes à côté des autres pour pouvoir innover et dessiner des décors panoramiques, nouveau format écran 70mm appelé technirama (adapté par Ub Iwerks), et mise en place du Technicolor. Pour mettre le film sur bande, deux caméras multiplanes furent utilisées : une verticale pour les scènes dans la forêt, l'autre horizontale pour le château.

    L'ouverture et la fermeture du film : le livre de la Belle au bois dormant

    Pour ouvrir le film d'animation, Walt Disney voulait créer une véritable oeuvre d'art qui nécessita une année de travail : un livre typique de l'époque médiévale racontant l'histoire de la Belle au Bois Dormant. Etant à la fois l'introduction et la conclusion du film, ce livre révéle aussi ses pages au fil de l'histoire. Chacune d'elles nécessitait un travail minutieux et précis : il fallait une recherche de style et une mise en couleur spécifique. Elles ressemblent à des parchemins anciens, ses illustrations ainsi que la graphie correspondent à l'époque médiévale. Mais le plus difficile à exécuter fut la couverture de cette ouvrage, car elle est ornée de 255 pierres précieuses polies et a été réalisée à la main sur du cuivre plaqué or. Au total, le coût de production du livre revient à 30 000 $ et, en conséquence, est l'un des objets les plus précieux des archives Disney.

    Le graphisme et les décors

    Dans ce film, le directeur artistique Eyvind Earle rencontra plusieurs difficultés sur le plan graphique : Walt voulait créer un style spécifique en ce qui concerne les décors et arrière-plans. Earle dût donc réaliser des études préliminaires des décors à la gouache. Avec un style primitif, un « gothique stylisé et simplifié, » il a dessiné lui-même la plupart des fonds sauf les forêts, où il fut épaulé par d'autres animateurs auxquels il a appris sa technique. Pour leur expliquer comment réaliser le décor, il a représenté une douzaine d'étape sur une planche. Les arbres sont coupés, carrés, stylisés et tous les éléments (rochers, buissons) s'harmonisent sur le plan horizontal. Earle s'est inspiré, pour les imaginer, de peintures françaises, allemandes, flamandes, italiennes, japonaises et persannes (notamment des artistes tels Dürer, Bruegel, Van Eyck, Boticelli...) ainsi que des tapisseries à la licorne du musée The Cloisters de New-York, des Très riches heures et du film Henri V de Laurence Olivier. Il a en particulier travaillé sur la mise en valeur de détails (feuilles, fleurs, arbres...) et des arrière-plans, ce qui donnait de la profondeur. Chaque décor a demandé 7 à 10 jours de travail au lieu de 1 ou 2 jours.


    Le château et la maison du bûcheron

    La maison où se réfugient les trois fées est inspirée de bâtisses similaires que l'on trouve dans de nombreuses toiles comme la Vierge à l'enfant dans un paysage de Jan Provoost (XVIème s.) ou encore la Vierge à l'enfant avec saints et donateurs de Hans Memling (XVème s.). Le château de la Belle au bois dormant est l'aboutissement de nombreuses recherches. Il est d'abord inspiré du manuscrit des Très riches heures du duc de Berry et du Louvre de Charle V. Deux autres modèles sont primordiaux : les aquarelles d'Eugène Viollet-le-Duc, qui réinventent le Moyen-âge dans ses vues de châteaux (celui de Pierrefonds..), et la vision romantique des châteaux de Bavière, notamment ceux construits par Louis II (château de Neuschwanstein peint par Christian Jank, Eduard Riedel..).

    La musique

    Pour créer une bande originale qui correspondait à l'univers du film, Walt Disney demanda à un jeune musicien, George Bruns de reprendre et d'adapter la musique créée par Piotr Tchaïkovsky pour son ballet de la Belle au Bois dormant en 1890. Une autre innovation technique donna alors un atout en plus au film : l'utilisation d'un son stéréophonique six pistes améliora nettement la qualité sonore.

     

    Les personnages

    Réalistes, les personnages de ce film ont été dessinés à l'aide de prises de vues réelles, filmées par Clyde Geronimi et Eric Larson. Leur aspect dut etre adapté au décor et au graphisme.


    Aurore

     

    Pour dessiner les personnages féminins, Walt Disney choisit Marc Davis, un spécialiste. Il explique que pour créer la princesse Aurore, il s'est inspiré d'une jeune fille, Helen Stanley, qui a ainsi exécuté de nombreuses danses. Des couleurs gaies et délicates l'accompagnent tout au long film.


    Maléfique

    Le même animateur, Marc Davis, dessina Maléfique, la célèbre méchante. Pour s'inspirer, il a consulté des livres datant de l'époque médiévale. Il releva notamment un personnage religieux dont le vêtement comportait des médaillons rouges comme des flammes. Il décida donc de mûrir cette idée et de s'en servir pour souligner le côté malfaisant du personnage. Il lui donna donc des cornes de diable, des ailes de chauves-souris autour du cou, un corbeau sur l'épaule, une cape noire et des couleurs sombres... Le visage de Maléfique a lui été inspiré de l'actrice Eleanor Audley, qui faisit sa voix.


    Les trois fées

    Pour donner vie aux trois fées, Walt choisit Frank Thomas et Ollie Johnston. Au début, les trois personnges devaient être similaires mais pour les rendre plus drôles, ils ont travaillés sur la façon de leur donner des personnalités différentes : Pimperonnelle est nerveuse et se met facilement en couleur, Pâquerette est calme, douce et apaisante. Flora, au départ, n'était pas une chef mais elle l'est devenue naturellement car elle a toujours de bonnes idées. De plus, elles ont l'apparence de vieilles dames, c'est pourquoi Thomas et Johnston leur ont donné une attitude spécifique : elles trottinent en se tenant droites, elles font des gestes sacadés avec leurs bras, elles gardent les mains loin du corps... Pour représenter ces mouvements, Thomas a du observé des dames âgées au supermarché et la nounou de ses enfants!


    Les personnages masculins

     

    L'animateur Milt Kahl dût quant à lui animer le Prince, tâche difficile. Il le mit en mouvement, ainsi que les rois Hubert et Stéphane, et le laquais. En ce qui concerne l'animation du combat entre le Prince et le dragon, c'est Wolfgang Reitherman qui dirigea la production et Ken Anderson l'animation. Certains plans du prince et des rois ainsi que le hibou furent dessinés par John Lounsbery.

     

    Images du film

     

      

      

      

        

      

      

      

      


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